11.1.11

We can't stop here, this is a bat country!

    Accoudée au comptoir poisseux, un verre de Johnnie Walker en main. Mes yeux ont vu défiler un certain nombre de nuits agitées et les infos sur ABC1 diffusent à la pelle des images du Queensland dévasté par les inondations. Je réalise qu’il est bientôt temps de partir.

    Un mois à Mitchell est déjà un peu trop, malgré les fêtes, l’accueil exceptionnellement chaleureux et les gens qui nous portent une attention toute particulière (sans oublier la bouffe gratuite à volonté…).
Les filles mariées à 18 ans et enceintes à 20, les commérages, les groupes, les mêmes visages chaque jour, les histoires de mecs à n’en plus finir, l’étouffement, l’immobilisme, l’ennui qui pointe son nez les soirs où personne n’a envie de picoler et les jours de pluie. Parfois ça me rend dingue. La semaine dernière, à chaque fois que j’apercevais Jane, avec sa démarche lourde et son regard hagard, s’installer au bar, me demander comme d’habitude un Gold stubby, comme d’habitude de changer son billet de 5 avec deux pièces de deux et une pièce de un, la voir comme d’habitude dépenser au minimum 10 dollars en tickets et répondre comme d’habitude à ma question « Comment ça va aujourd’hui », « Je m’ennuie », j’avais une furieuse envie de lui coller le revers de ma main dans sa gueule.
Tout ce que j’ai fui à toute allure en France me rattrape avec une certaine ironie qui me balancerait un truc du genre « Alors comme ça on a voulu se barrer à l’autre bout du monde pour changer d’air et oublier sa vie en France ? Ben prends ça dans ta gueule ! ». C'était bien la peine.
La boucle est bouclée.


     L’aspect revêtu est tout autre cependant : l’exotisme, ce foutu exotisme.
Mais pourquoi diable ce que je déteste tant en France serait mieux ici ? Je n’appréciais déjà pas ce terme à l’origine mais je ne veux plus entendre parler de l’ « expérience de l’outback » comme s’il ne s’agissait que d’une simple attraction de plus pour backpackers. Toutes celles qui viennent ici dans ce but s’en mordent les doigts. Les petites villes de l’outback ont besoin de temps pour être apprivoisées et malgré tous les efforts du monde, l’expérience peut s’avérer rude. Le climat, la distance et la vie locale sont loin d'être facile à vivre. 
Combien de filles fraîchement arrivées en ville repartent au bout de deux jours, pleurent une semaine durant ou attendent avec impatience la suite de leur périple. Même Les 3 Anglaises, arrivées 6 mois plus tôt, ont une relation particulièrement passionnelle avec Mitchell. Aussi attachées à l’endroit qu’elles puissent être, Mitchell les rend folles. Ce qui n’est pas peu dire.

    Il est certain que je continuerai de sillonner le désert et l’Australie profonde, le Top End et le Red Centre m’attirant particulièrement, mais je serais prévenue.
     
     L’outback australien ne fait pas de cadeau (et je me doute bien que je ne suis pas au bout de mes surprises), il m’a parfois explosé en plein dans la gueule ces derniers temps, et malgré les putains de souvenirs, de soirées passées ici et les amis, dans deux semaines, il sera grand temps de partir. 

      Si les routes jusqu’à Brisbane ne sont pas fermées…


2 commentaires:

  1. Ouh ouh ben c'est Sophie qui t'aime fort et qui pense à toi.
    Ben c'est vrai qu'en France c'est pas non plus là joie, mais c'est une merde trop habituelle pour la décrive avec tant de justesse. Voilà, tu as trouvé l'ennui universel et je t'en félicite jeune padawan.

    Jeudi je suis allé fiacre un tour au fiacre pour voir s'il se portait bien je lui passerait le bonjour de ta part la prochaine fois.

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  2. Merci cher maitre, je saurais me souvenir de ces sages paroles! :-)
    Et oui passe le bonjour au Fiacre de ma part... ;-)

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