25.2.11

I've never ever ever had sex with someone older than my father

      « Hey salut, comment ça va ? »
      - Très bien, merci. Est-ce que vous allez à Cowes par hasard ?
      - Cole’s ?
      - Euh, « Ca- o-wes ». Désolée.
      - Oui, pas de problèmes, je peux y aller. »

    Dix petites minutes et des provisions pour un cheese-cake plus tard, j’avais un nouveau plan pour ma soirée qui s’annonçait agitée. (Cet après-midi-là, j’ai réalisé que porter une robe pour faire du stop pouvait être une sacrément bonne idée. Peut-être pas après 22h ou aux abords du Bois de Boulogne ceci dit.) 
A 19h, j’embarque avec les Beaux Maîtres-nageurs, trois types aux noms les plus bizarres jamais rencontrés ici mais au charme et à la bonne humeur rarement égalés (en même temps, maître-nageur… ça veut tout dire), pour une soirée chez eux. « Chez eux », c’est le surf club de Woolamai Beach, désert après 20h. Et Woolamai Beach, c’est l’une des plus belles plages de Phillip Island, bien nichée entre les dunes de sable et les falaises, envahie par les oiseaux au coucher du soleil, avec ses surfeurs de 12 à 65 ans d’un niveau hallucinant (hommes/femmes confondus). Et le surf club, puisque c’est un surf club, a une vue donnant directement sur la plage. Bon, l’instant romantique s’arrête ici, le coucher de soleil n’aura pas lieu : le temps est merdique, à peu près comme tous les jours, depuis environ deux semaines ici. Les locaux ont l’habitude de dire un truc comme « quatre saisons dans la même journée ». Je sais, la vie est dure à Phillip Island…

    Après la rituelle visite du surf club, on ouvre le frigo. Holy shit, de la Beck’s !!! Deuxième leçon de la journée : les Australiens du Victoria ont définitivement bien plus de goût en bière que ceux du Queensland. C’est ainsi qu’a débuté une soirée avec vue sur la mer, à base de Beck’s, de billard, de Coconut Beach (le Malibu à $10), de jeux du genre « je n’ai jamais… » (parfait pour faire connaissance) et autres réjouissances régressives.

    A 1h du matin, les bouteilles sont finies et quelqu’un lance : « J’ai envie d’aller nager. » C’est la pleine lune et tout le monde est plus que joyeux. Les conditions sont idéales. Je demande quand même, un peu inquiète, si on ne risque pas de se faire bouffer par des requins (1). J’entends répondre un « Mais non CC, et puis t’es avec des maîtres-nageurs ! On viendra te sauver ». Nous ne sommes plus que trois survivants à présent. J’ai appris en Australie que c’était mieux de se baigner à plusieurs, les chances de se retrouver cul-de-jatte, la face dans le sable avec les mouettes s’approvisionnant de la chair et de la graisse bien localisées dans vos cuisses, sont divisées par le nombre de protagonistes.

    Quelques heures après, en train de végéter devant Happy Days sur le canapé, franchement épuisée par la journée, je réalise une dernière chose : la dernière fois que j’ai bu du Malibu, c’était il y a cinq ans, au Cap-Ferret. J’avais juré de ne plus y retoucher. J’ai tenu parole jusqu’à ce jour. D’où est-ce que ce soir-là, le Malibu à $10 m’a donné l’impression d’avoir un certain charme, je n’en ai aucune idée. Peut-être l’effet combiné des maîtres-nageurs, de la pleine lune et de la plage au beau milieu de la nuit. Qui sait. 

   Quoiqu'il en soit, c’est toujours aussi dégueulasse et ça ne change rien au fait que les dernières choses dont je me souvienne, avant de fermer les yeux, sont les muscles de Sylvester Stallone et le bruit des mitraillettes. Et que pour la première fois de ma vie, un type avec qui je n’ai même pas couché  me sert le petit-déjeuner, à base de tomates poêlées, de toasts et d'oeufs sur le plat, au réveil (avec vue sur la mer, je tiens à le rappeler).



(1) : cf la nana des premières minutes des Dents de la Mer (le 2 il me semble, quoique le 1 doit vraisemblablement être la même chose). Rien de plus à ajouter n'est-ce pas?

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