8.4.11

I feel sorry for you

(précision: le 6 mars 2011, mon appareil photo a rendu l'âme dans un terrible accident. Je suis navrée de devoir annoncer qu'il n'y aura plus de photos pour le moment (au moins jusqu'à ce que je lui trouve un remplaçant digne de ce nom. RIP. Tu as été un bien brave compagnon.)
    
    Avant de prendre mon avion pour Hobart de l’aéroport Melbourne Tullamarine, à 20h15, j’avais eu une brillante idée. Visiter un peu cette belle ville qu’est Melbourne… ayant passé la soirée de la veille à me marrer devant les blagues de Barney saison 4 (putain, mais QUAND est-ce que ça va marcher avec Robin, hein, QUAND?!) avec l'Inde et le Danemark à leur appart’ sur Flinders Street, j’avais à présent envie de me perdre dans les ruelles sombres aux abords du CBD et d’échapper aux immenses enseignes et centres commerciaux des rues principales. Il me fallait aussi manger, que dis-je m’empiffrer avant mon expédition en territoire inconnu. Subway, fish’n’chips, cupcakes, tout est passé dans mon gosier ! 

    J’étais si bien à Degraves St, minuscule et étroite ruelle sombre entre Collins St et Elizabeth St, où se serrent une quantité impressionnante de restaurants sur le pouce, boulangeries, magasins vintage,  qu’il m’a fallu une volonté de fer pour bouger de ma chaise… Après m’être fait virée par le gardien de la bibliothèque où j’avais piqué un somme (depuis quand on a pas le droit de pioncer dans les bibliothèques HEIN), acheté le minimum vital à la librairie de la bibliothèque (oui, c’est un peu chelou ces deux mots accolés) (minimum vital = les mémoires d’Hunter S. Thompson, Kingdom of Fear), en route pour l’aéroport, j’ai pris je ne sais combien de trams. Dans la mauvaise direction. J’ai quand même eu la présence d'esprit de vérifier l’heure, pour la première fois de la journée. 19h15. FOUCK !, comme dirait l’autre. Résolument optimiste,  à la manière de ces imbéciles heureux, je monte dans le premier tram pour rejoindre Southern Cross Station et attraper le Skybus qui me mènerait à l’aéroport. Ca aurait pu marcher. Oui. Ca aurait pu marcher. Si j’avais pris le tram A GAUCHE. Au lieu de ça, je me suis retrouvée devant la station du Parlement.

    Dans un élan entre autisme et schizophrénie, mon for intérieur se met à pester, jurer et m’insulter. Je rétorque, un peu vexée. Puis me met à rire. (non je n'avais pas l'air d'une démente merci.)
Il commence à faire nuit, les rues et le tramway se désemplissent.  Les lumières de la ville sont mises en route et le Parlement, au bout d’une Collins St bordée de platanes, me parait un trop louche, austère, comme s’il voulait m’impressionner, m’en balancer plein la face mais sans avoir l’air d’y toucher. Au loin, une musique retentit. Une sorte d’ensemble de clochettes, rythmé et dynamique, totalement hors contexte, qui donne une allure irréelle à cette scène. J’ai cherché d’où ce son pouvait provenir, je n’ai jamais trouvé.

    Je suis restée assise, sur le banc de la station, seule et hébétée pendant quinze minutes.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire