30.9.11

so much happened before Dorothy dropped in

   Avouer qu'on aime les comédies musicales, c'est comme avouer un penchant pour la zoophilie. Ou avoir des poux en 5e. Rien de mieux pour arriver à se faire considérer comme un paria et se faire bannir de la société. A vie. Ca n'est pas censé arriver, c'est peut-être contagieux, personne n'en veut et une distance d'au moins deux mètres en vous et toute âme qui vive est soudainement observée. On ne comprend pas toujours pourquoi tant de haine, après tout c'est pas si terrible. Et quand on est un mec (ou libraire, ou étudiante en fac - comme moi voilà pas si longtemps - y'a du culturellement correct à respecter dans ces milieux-là), c'est encore bien pire


   Mais les poux, ça se soigne. La zoophilie, quelques électrochocs devraient faire l'affaire. En revanche, l'addiction aux comédies musicales, je suis à 100% certaine que l'on parle de maladie incurable.
Je n'ai pas de poux et me faire sauter par des dobermans, c'est pas mon kiff, mais depuis le Magicien d'Oz, j'aime les comédies musicales. 

   Je n'ai jamais rencontré quelqu'un de foncièrement intéressant qui aimait les comédies musicales (à part mon frangin, mais ça compte pas). Nous partagions donc notre passion, seuls, tels Dustin Hoffmann et Sean Penn dans leurs rôles à Oscars (sauf pour Sean Penn).

    Puis le hasard de la vie (il a bon dos celui-là) m'a menée à croiser le chemin de celle qui est devenue plus tard Irish Roomie. Je crois que tout est parti de cet extrait du "Cell Block Tango" de Chicago qu'elle voulait nous faire chanter ("Pop! Six! Squish! Uh Uh! Cicero! Lipschitz!" C'est mortel.), salement encouragée par les verres de pinard, lors la première soirée que l'on passait ensemble, en ce joli mois d'avril, dans sa maison rose de Collingwood (qui est aussi devenue ma maison). Et là, si vous savez de quoi je parle, si vous aussi vous avez un penchant pour les orgies feat. caniches, vous savez que lorsqu'au milieu de tant d'Incompréhension, lorsque l'on croise la route de l'un de ses pairs, c'est comme si le Seigneur avait enfin compris nos appels désespérés, implorant la grâce de Liza Minelli, de Jonathan Larson, d'Idina Menzel et de Frank'n'Furter réunis. 
Ainsi nous sommes nous retrouvées toutes les deux, devant l'ordinateur, toutes les deux atteintes du syndrome de Tourette qui nous amenait à cracher tous les noms de musicals qui nous passaient par la tête aussi vite que possible (Hair! Cabaret! Chicago! Rent! Hairspray! Wicked!), assortis de convulsions et d'hystériques "ah moi aussi! moi aussi! oui!" et à les jouer les uns à la suite des autres sur la playlist YouTube (un jour, faudra que je parle des playlists YouTube, ça vaut son pesant d'or, croyez-moi).
    
    Cinq jours plus tard, on allait voir Hairspray au Princess Theatre. Je ne peux vous décrire l'abomination qu'était cette mise en scène (y'avait des écrans et des décors au graphisme soap des 80's), mais on était un peu bourrées (holy shit, on pouvait acheter des verres de vin et les amener dans la salle) donc on chantait à tue-tête sur You Can't Stop the Beat et tout ça tout ça, on s'est éclatées quoi. Puis elle m'a fait découvrir Connie & Carla, Little Voice, ce genre de films obscurs dont seuls les anglo-saxons ont la connaissance. Puis on a programmé des soirées Priscilla et Ballroom Dancing, parce qu'on est en Australie, faut bien s'adapter.

   C'est comme ça que j'ai rencontré celle qui est devenue Irish Roomie. Soit la pire des tentations en matière d'alcool et d'oeufs pochés. 

(par contre que personne ne me parle de Glee)

2 commentaires: