4.11.11

So long Bobby Long #2

    Un an auparavant, j'attendais mon avion qui avait 6h de retard à cause de l'explosion de l'Airbus A380 (mon avion était un A380). Un an auparavant, entre Bangkok et Singapour, le copain d'aéroport et moi avions décidé de s'installer ni vu ni connu en business class et j'ai dormi sur les sièges en cuir beige comme un bébé avec mes chaussettes Givenchy en soie et coton (Singapore Airlines, y'a pas mieux).
    Du coup, j'ai pensé.

    Huge high five au Copain Australien. Copain Australien c'est tout un concept. Il n'a ni genre, ni âge, ni profession particulière. Je ne pense pas que ce soit l'Australien typique, les Australiens diffèrent beaucoup selon les états, les villes, les diverses communautés ethniques, mais du moins c'est celui que je retrouve le plus. Et celui que j'aime. Ce type facile et marrant, qui n'a pas de problèmes à parler à tout le monde, pour qui "fuck" et "cheers mate" c'est de la ponctuation, qui boit et fume parfois trop, mais d'une générosité et d'une simplicité désarmantes. Le Copain Australien, il fait une sale gueule quand il entend parler d'escargots, de films avec sous-titres et quand on le prend de haut ou quand on lui montre qu'il a tort mais il aime taquiner. Surtout quand Monsieur Dedalus commence à stresser. Ca le fait marrer. Le "no worries" de l'Australien, c'est une sacrée leçon pour beaucoup d'entre nous.  Pourvu qu'il ait une bière, un joint et sa musique, tout va pour le mieux. Le terme "laid back", l'une de mes expressions favorites (c'est toute une vision de la vie condensée dans ces deux petits mots), semble cousu sur mesure pour lui.

    Tous les Australiens ne sont pas comme le Copain Australien, ils sont parfois cons et arrogants, pas très futés, immatures, égocentriques et nerveux (comme tout le monde) mais dans l'ensemble, c'est à peu près ça.
    High five donc et merci au Copain Australien. Le Copain qui m'a hébergée, m'a payée des verres, m'a emmenée en voiture, en moto ici et là, m'a invitée au resto, m'a fait découvrir son coin et ses bars favoris, qui m'a pris en stop à des endroits et heures pas possibles dans des états pas possibles, Le Copain qui a été là à me supporter même quand j'étais un peu trop relou bourrée ou à pas comprendre ce qu'on me racontait. Pour tout ça, je n'ai même pas eu à demander et il n'a jamais attendu quelque chose en retour (même pas du sexe). J'ai tout de même, à chaque fois, essayé de rendre la pareille, que ce soit en café ou en bière, aussi pauvre que j'ai pu l'être à certaines périodes de mon voyage... parce que l'hospitalité, la générosité, c'est important de savoir les recevoir mais il ne faut pas non plus se transformer en pique-assiette.

    Je me demande si c'est le soleil et la chaleur, la culture des aborigènes ou des prisonniers anglais (je crois que c'est tout à la fois) qui a donné cet esprit simple et relax qui se traduit même dans le langage (l'Australien, dérive de l'Anglais cockney, même parlé dans les bureaux et institutions, n'est pas l'Anglais "correct") et me fait me demander si la France me correspondrait toujours.

2 commentaires:

  1. En France on a "c'est la vie" comme expression ;-)
    Très intéressant en tous cas.

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  2. Merci beaucoup cher Anonyme. :D "C'est la vie", oui, j'ai un ami australien qui n'arrêtait pas de me le répéter ça, c'était le seul truc qu'il connaissait en Français (avec le traditionnel "oui oui merci" eheh)

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