8.12.11

Is this what it's all about? #1

    Il ne restait qu'un fond de vodka. Une de plus. Ici on vous en verse deux des doses. Un peu d'incitation, ça fait de mal à personne. Surtout pas à Stephen. Les deux journées précédentes avaient été rudes. James en bavait en ce moment et ne désirait que sa solitude. 
   Stephen, assis au bar de la plage du Sairee Cottage de Koh Tao, se confortait dans le cliché adolescent de l’homme mélancolique face à la mer.

     

      « Je ne veux rien entendre de tout ça. »
     Mais qu'est-ce qu'il croyait, qu'il allait lui expliquer ce qui se passait peut-être?
     Stephen ne connaissait le Canadien que depuis 24h. A peine. Une soirée très arrosée, sur la plage, à boire des Chang, des whisky et Coke, etc., etc., en compagnie des Australiens. Jusqu'à plus soif. Pas de quoi en venir à se mêler leur sang en témoignage d'une amitié qui ferait passer Roméo et Mercutio pour des tapettes. 

    En essayant de venir à la rescousse d’une fourmi qui se débattait entre la vie et la mort dans son fond d’alcool, Stephen poursuivait ses méditations à deux balles. « Etrange ces beach holidays » s'est-il surpris à penser - c'est pas comme si on vous incitait à penser, ici. A priori Stephen, Dublinois de 24 ans, il est comme tous ceux-là, les touristes européens, américains. Pas plus de la vingtaine. Envie de détente, de divertissement, de rencontres. Il était le seul cependant à ne pas prendre les cours de plongée auxquels tout le monde, absolument tout le monde, participait à Koh Tao. D'emblée, ça le mettait sur la touche.
   « Etrange. » Les hôtels et les soirées, les cocktails, le corps couvert de sel après la baignade, les discussions, les emballages de capotes. Où que l'on aille, les beach holidays sont les mêmes, seul le pays et le langage local change mais personne y fait trop gaffe.  

   Les filles se déshabillent plus facilement en vacances à la plage, ivres d'une pseudo-liberté que leur procure l'éloignement, le changement de cadre. Ce putain de cadre avec cocotiers, mer à 25°C, les seaux de SangSom et de Coca et les bungalows sur la plage, putain de cadre qui les rend un peu plus salopes et un peu moins compliquées. Les mecs à l'affût cherchent à tirer grand profit de la situation et l’absence des parents, leur nouvelle « indépendance », les rend barges et arrogants.

   La fourmi était morte, démantibulée, tragiquement noyée dans un peu de vodka et l'Australien parlait de la blonde qui avait squatté son lit la nuit précédente, toute la nuit merde! Stephen la connaissait, elle était jolie et surtout bien allumeuse. Une blonde bronzée en mini-short et au petit tee-shirt blanc, celui qu'on voyait partout sur les marchés de Thaïlande, qui disait un truc comme "Same same" sur le devant puis "but different" quand tu lui matais le cul. L'Australien avait dû partager ses seaux de whisky avec elle puis avait eu envie de voir ce qu'elle avait dans le ventre. Ce qu'il en pensait Stephen, same same... trop de provoc' à priori puis probablement rien que de la performance des deux parties. Pas difficile à deviner, 90% du temps, c'est la même chose. Different quand même était son cul, un peu gros comparé à sa morphologie mais parfait pour la levrette.

à suivre...

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