28.12.11

Noël au Cambodge

ça y est, j'ai retrouvé l'utilisation de mon ordinateur... thank God, donc si jamais quelqu'un a besoin, à Koh Kong, petite ville du Cambodge proche de la frontière thaïlandaise, on PEUT faire réparer son ordinateur en une journée ($120 pour un écran) à Ly Lim Computer, sur le marché.

Si vous le permettez, avant de reprendre les aventures thaïlandaises de Monsieur Dedalus, j'aimerais faire une pause et parler de Noël. Je suis au Cambodge maintenant, la Thaïlande me reverra, ou pas, plus tard. 

J'ai traversé la frontière à Hat Leik le 24. Traverser les frontières à pied possède un petit quelque chose d'étrange et d'assez excitant. Un goût d'aventure (j'ai tendance à m'emballer pour pas grand chose, je vous l'accorde).

Dans le bus qui me menait jusqu'à Trat, avant de prendre le van pour le poste de frontière, j'ai rencontré 3 petits Français, un gars, sa soeur et sa copine. En famille pour les fêtes. Lorsqu'on s'est posés dans notre guesthouse, chez Paddy à Koh Kong, les 3 petits Français ont suggéré de se trouver un endroit pour manger et déboucher la bouteille de vin qu'ils avaient apporté, ainsi que d'ouvrir la conserve de terrine. Ni une ni deux, ils m'ont embarqué avec eux et en dévorant un plat de fried chicken with chilli and basil, on a rompu le pain (oui car on trouve du pain pas dégueu du tout au Cambodge), débouché la bouteille de pinard (du rouge de pays d'Oc pas dégueu du tout non plus, moi qui ne connaît pas les vins de cette partie de la France) et tartiné les tranches de pain avec le roquefort et la terrine. On en a proposé aux proprio du resto et quelque chose me dit que le roquefort leur est resté sur l'estomac (en revanche, le vin, ils l'ont descendu d'un coup sec, comme un shot de vodka).


Alors ce repas de Noël... comment vous dire... je crois avoir rarement pris autant mon pied à manger français. Un délice. Plus ça va, plus je deviens simple et c'est pas pour me déplaire. J'avais même pas réalisé que c'était Noël, à l'origine je pensais squatter un aéroport en attendant de décoller pour la Birmanie ou un truc dans le genre. 
Le lendemain, contrariée dans mes plans, je me baladais dans la ville et suis tombée sur une enseigne qui a fait tilt dans mon crâne d'oeuf, "Ice Cream Shop". A l'origine partie pour une bière et une glace, je me suis retrouvée embrigadée dans une biture de Noël en compagnie d'expat' charmants je dois dire (ça change des blaireaux de Thaïlande) et de leurs femmes. Vin, whisky, bière. Et weed. Tout allait bien. J'étais défoncée et sereine, enfin seule pour la première fois depuis mon arrivée en Asie. J'allais prendre mon temps, arrêter de bouger tous les quatre matins et passer des heures assise dans les bars à refaire le monde avec des inconnus.

Oui, tout allait bien. Mais... c'est le soir, en compagnie de couples et d'Européens de mon âge arrivés depuis plus longtemps et possédant déjà leurs repères, que tout a commencé. Cette insidieuse mélancolie additionnée à un mal du pays que je n'avais pas ressenti depuis l'an dernier sont apparus. A partir de là, c'était fini et jusqu'au lendemain, buvant mes Margarita en bord de rivière et engloutissant ma glace au chocolat comme un réflexe désespéré, j'ai traîné ce truc. 

Putain je l'avais oublié ce mal du pays, j'avais oublié comment je pouvais trop réfléchir, me renfermer, me protéger du monde extérieur. J'avais oublié comment parfois, le choix de vie que j'ai fait il y a un peu plus d'un an, me retombait sur la gueule, me laissait face à mes angoisses, ma solitude, sans interlocuteur en face, sans oreille compatissante. Seule contre tous (tintintin). A ma petite échelle, je comprends maintenant la mélancolie de Noël, la tristesse et l'envie de ceux qui n'ont pas connu les fêtes heureuses et paisibles en famille. Si je pouvais dorénavant éviter les obligations sociales lors de cette étrange période, je ne m'entourerais que de ceux qui comptent et de ceux qui sont seuls. Vous savez, le Noël des paumés. 

Les Noëls à l'étranger, dans un environnement inconnu, sans amis, sans repères, entourés de gens amoureux (le pire), j'ai beau dire, j'ai beau essayer de m'y faire, je crache pas sur la bouteille de bière qui va m'aider à digérer la pilule.

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