16.2.12

Je sais,

je suis toujours censée faire cette petite série d'articles sur l'exposition du Temple Noir de Chiang Rai. Bon. Ca va venir.

Alors aujourd'hui, en attendant, je déballe les cartons si vous me le permettez. 

Je suis au Cambodge (oui je sais, je suis grave à la bourre dans mes posts) et les éclairs font un bruit aussi assourdissant que les gargouillis de mon ventre lors de la deuxième quinzaine du mois. La pluie va bientôt transformer la route de terre séchée rougeâtre d'Otres Beach en piste boueuse avec des flaques qui mangent vos tongs. Le ventilo tourne puissance 2, mes cheveux frisottent et mes hormones s'affolent, BREF, la mousson approche - un peu plus tôt que prévu (à ce propos, vous savez ce qu'on dit en Australie? Que juste avant la saison des pluies, dans le nord du Queensland, durant cette période où une tension quasiment sexuelle est palpable dans l'air, où le temps, moite et étouffant, se prépare à déverser des trombes d'eau sur nos gueules, les gens deviennent fous. Jusqu'au moment où l'orage finalement éclate, déversement hydraulique accueilli avec délivrance. Peut-être pourrait-on comparer ce phénomène à celui dit de "l'envie de pipi qui monte à la gorge" et son soulagement ô combien orgasmique. On dit aussi que plus l'on monte au nord, plus les gens ont la libido déchaînée, la cause à la connotation et aux effets éminemment sexuels du temps orageux et humide. Mais ce phénomène n'est probablement pas l'apanage du seul territoire australien.)

A défaut de s'envoyer en l'air, ce temps est donc parfait pour un peu de lecture. Récemment, j'ai commencé à lire des récits de voyage d'auteurs anglo-saxons et à fouiller le web à la recherche de nouveaux auteurs et articles. 
L'arbre généalogique de mes trouvailles pourrait se présenter comme suit :
Je les lis tous en anglais (je parle pas des photos). Ma préférence va pour les récits/séries photos inattendus à l'intérêt porté aux détails et aux bizarreries et les écrivains/photographes à l'humour et vision décalés ou encore aux articles plus politiques (je m'en branle de la dimension spirituelle de l'Inde, des mille et un spots de plongée autour du monde, ce qui m'intéresse c'est pourquoi ce culte voué aux compil' de Summer Hits en Asie? Pourquoi ces tee-shirts Angry Birds partout au Cambodge? Pourquoi affirme-t-on que le Cambodge est-il encore officieusement dirigé par les Khmers Rouges? La situation des filles des bars à hôtesses de Phnom Penh? liste non exhaustive
Et la faute à Twitter, la faute à Vagablogging, la faute à tous, je passe mes heures à dénicher des petites perles d'articles de voyage et d'envies de lectures...

Natural Born Pig Killers de David Farley (ce type, je me disais qu'un jour, j'aimerais assez participer à un de ces ateliers d'écriture à New York, pour le fun)
The Lonely Planet Guide to my apartment de Jonathan Stern (ça c'est hilarant)
Why we travel de Pico Iyer (peut-être l'un des plus beaux récits que j'ai lu jusqu'à présent)
A Woman's work de Heidi Hoefinger (les bars à hôtesses de Phnom Penh)

ainsi que...
The Sinner's Grand Tour de Tony Perrottet (l'historique des bas-fonds d'Europe)
An Irreverant Curiosity de David Farley (numéro un sur ma liste au Père Noël, encore faudra-t-il que je le trouve dans une librairie, en fait c'est le récit en Italie de la quête de la relique contenant le prépuce du Christ. Voilà.)

J'en ai d'autres, mais je vais pas déballer toutes mes trouvailles d'un coup. Voyons. 

Juste. Pour finir. L'anglais commençant à me piquer les yeux, j'ai voulu m'intéresser à la littérature de voyage francophone contemporaine. J'ai fait face à un problème majeur. A part des récits un peu trop austères et sérieux (je ne compte pas ceux au fond historique et politique qui m'intéressent) et les classiques, ben y'a pas bézef. J'ai tout de même fait une orgie d'articles et d'interviews de JMG Le Clézio (faute de me procurer ses bouquins), mais à part ça, nada. Je m'interroge. Où sont nos écrivains/photographes faisant part de la naissance d'une nouvelle génération de voyageurs mutants, de l'alcoolisme notoire de nos confrères anglais, du top 10 des meilleurs diners du Nevada ou encore de l'histoire de ce travelo indien de Dehli ? J'ai p'têt' pas regardé au bon endroit (je fais honte à mon bref passé de libraire). 
Ma question donc. 
Vous en avez déniché vous des supers récits de voyage, insolites/décalés/n'importe quoi, d'auteurs francophones (à partir de 1990 c'est autorisé)? 

6 commentaires:

  1. J'avais constaté un peu la même chose: les auteurs anglo-saxons racontent des histoires, des anecdotes, des choses insolites, parfois un peu n'importe quoi mais c'est quasi toujours passionnant alors que chez les Français, cela prend vite un ton poétique, austère, trop personnel.
    Si je dois retenir un incontournable, ce serait Bernard Ollivier qui raconte sa route de la soie parcourue à pied mais aussi la descente de la Loire en canoé. Sinon, et bien, c'est souvent ennuyeux.

    (Il y a toujours un premier commentaire, désolée de sortir comme ça d'un peu nulle part)

    RépondreSupprimer
  2. J'ai fouillé dans les archives de mon blog et j'ai aussi trouvé "Du Baïkal au Bengale" de Caroline Riegel.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ah super super! Merci beaucoup Miss Sunalee. :) J'ai peur de rentrer dans les clichés, mais il m'a souvent semblé que nous nous prenions peut-être un peu trop au sérieux ou enfin que nous étions engoncés dans une vision très ringarde et ethnocentrée du monde... enfin je retiens Bernard Ollivier et Caroline Riegel, merci pour les conseils et je vais bien trouver un moment pour parcourir tes blogs... (en plus je vois que tu parles de Joyce Carol Oates et Neil Gaiman, c'est merveilleux). A bientôt! :)

      Supprimer
  3. J'ai aussi un blog de voyage qui parcourt plus ou moins les mêmes destinations mais je trouve ton écriture bien meilleure que la mienne...
    http://suasaday.wordpress.com/

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. woaw, je suis impressionnée par tous ces voyages! Et ta culture musicale est dingue! Va m'en falloir du temps pour parcourir tous tes blogs... L'Asie il y a 10 ans, ça devait être une autre affaire... tiens, je me demande, comment as tu vécu, en tant que voyageuse, tous ces changements?

      Supprimer
  4. Merci ! j'ai toujours été intéressée par la musique et j'ai eu la chance de trouver un boulot en rapport... ça aide !

    Ta question est difficile... j'ai surtout fait des voyages organisés, donc je n'ai jamais eu beaucoup de soucis sur place. Là où je peux comparer, c'est le Vietnam où j'ai été deux fois en 10 ans. ça a énormément changé: Hué n'était qu'une petite ville avec quelques hôtels alors que maintenant il y a un genre de "Khao San Road", les restos et cafés visent bien plus le touriste. C'est dommage mais en même temps, je pense qu'il suffit de creuser un peu, d'aller ailleurs et surtout de ne pas trop s'attarder sur "avant c'était mieux". Sinon, on ne profite plus.

    C'est clair que j'aurais aimé visiter Angkor en 1995 mais ce n'était pas possible. Quand j'y ai été, j'ai décidé d'en profiter et de faire le plus possible abstraction des autres touristes. Parfois, juste choisir l'heure de la visite permet d'éviter le monde.

    RépondreSupprimer