28.6.12

"i've seen another world. but i'm happy." guy on the bus

Melbourne, Nantes, Londres, Bretagne, Bordeaux, Paris, Shanghai, Melbourne. Aller-retour à la Pékin Express, bus et trains, avions, amis, famille, des bouteilles de vin qui vont s'accumuler au fur et à mesure. Et l'été, bordel! L'été! 

Et aussi le Royal Deluxe et les Machines de l'Ile, le sunday roast et les fish'n'chips, Sweeney Todd dans le West End, les cimetières de Londres et le plus vieux théâtre d'opération d'Angleterre, les crêpes et le cidre, les niniches et le caramel au beurre salé, l'Atlantique, Fest'arts, le pinard et le magret, le fromage, la tarte au citron meringuée, les bords de Garonne en été, le Fiacre, le musée Dupuytren, le pub Saint-Germain, les théâtres parisiens, les dumplings, le tai chi dans les parcs au petit matin, et le rythme incessant, trépidant des métropoles d'Asie. 

Ça ne s'arrête donc jamais. Le désir parfois s'effrite et s'use mais la perspective de prendre à nouveau la route, les airs, la mer le ravive instantanément. Les nuits passées à hanter les aéroports grelottant été comme hiver pour cause de climatisation abusive, le reflet du soleil dans les hublots, l'arrivée dans une nouvelle ville, des cernes autour des yeux et des fourmis dans les jambes, furetant à droite à gauche, essayant de localiser le service de change d'argent et les transferts vers le centre-ville. 

Je crois que ce que je préfère du voyage, ce sont ces instants. L'arrivée accompagnée de cette sensation de déstabilisation, un peu de trouille et d'excitation qui agrippe le ventre, l'imaginaire encore frais, vierge emmagasinant à toute vitesse informations, langage, codes vestimentaires, on agrippe tout ce qui passe autour, tous ces petits détails, plus ou moins anodins, qui nous propulsent dans cette nouvelle aventure sans trop nous demander notre avis. 

Bangkok Suvarnabhumi Airport
Au bord du plongeoir, le saut paraît effrayant, l'air hésitant mais malgré tout déterminé, on veut prendre le temps parce que ces moments, où l'adrénaline parcourt chaque terminaison nerveuse du corps, où rien n'a été encore accompli ni raté, on suppose que ça se savoure mais à force de trop contempler, de trop anticiper, les attentes s'amoncellent et nous emprisonnent. Quand faut y aller, faut y aller.
Émergeant du terminal, tout est à faire. Rien n'a encore été accompli ni raté. Des guides aux pages cornées décrivant un itinéraire imaginaire, des recherches et lectures effectuées en amont pour dissiper l'impatience, on oublie tout. L'anxiété fait place à une incroyable sensation de liberté que je n'ai pas souvent rencontrée. Et on y va.

Cette fois-ci, je rentre au pays. En Europe. Pas pour de bon (enfin je crois, on ne sait jamais n'est-ce pas). En touriste. Avec l'envie de redécouvrir les rues de Bordeaux mille fois parcourues avec un œil de touriste Coréen. J'en appelle à l'indulgence de mes chers amis qui devront probablement supporter mon appareil photo omniprésent et ma surexcitation devant le prix du pain et les virées au supermarché. 
Tout ira bien. 



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