13.7.12

The Beautiful flower hidden in Pattani 2

je m'étais arrêtée là si je me souviens bien (je remettrai tout dans l'ordre chronologique lorsque j'aurai terminé mes posts sur l'Asie).

Cette fois, c'est un tableau de Jehabdulloh Jehsorhoh, un sacré beau mec qui a étudié aux Beaux-Arts de Bangkok et disciple de Tawan Duchanee (ici et ).

La Thaïlande n'est pas que bouddhiste. Une forte communauté musulmane y réside, en majorité dans le sud du pays, à proximité de la Malaisie. 
Seulement on peut pas dire que la cohabitation est des plus paisible. La province de Pattani, royaume malais dont l'histoire oscille entre vassalité et indépendance a été définitivement attribuée au Siam (la Thaïlande actuelle) lors du traité anglo-siamois de 1909 lorsque l'actant principal, la perfide Albion, lui a gracieusement transféré Pattani ainsi que quelques autres états malais (les Grand-Britons avaient eu un peu la trouille de la présence française en Indochine alors ils avaient décidé de cirer les pompes des Thaïlandais et de leur filer des terres). 
Encore une fois, le partage des frontières a été décidé un peu au hasard comme lors d'une partie de Risk un samedi à 3h du matin lorsque la dernière bouteille de pinard a été descendue et ne respecte en rien les territoires originels des ethnies, ni leur culture ; bref, depuis ce joli traité, Pattani est le lieu de bombardements et de violences orchestré par les mouvements séparatistes des Malais musulmans (ben oui, ils sont Malais depuis des siècles) qui vivent dans ces provinces. Depuis 2004 la région subit un regain de violence et en l'espace de cinq ans, 3700 morts ont été recensés. C'est loin d'être terminé. Je me rappelle que des visas run vers la Malaisie étaient possibles dernièrement mais fortement déconseillés. Les frontières sont rarement des zones où il fait bon s'attarder en général.



Malgré le contexte historique, ce tableau est bien loin de représenter une image pessimiste et noire de l'Islam. L'artiste a eu envie de peindre la beauté, la délicatesse de la culture musulmane, sa culture, que l'on cache et que l'on diabolise trop souvent. Pour changer. Pour juste apprécier quelque chose de joli. Apprécier le raffinement d'un trait de pinceau, d'une matière ou d'un motif. Les grands yeux marrons s'échappant du voile vous prennent à témoin. 
Oserez-vous gratter la surface?

(d'autres artistes venant de ces provinces le cul entre deux chaises)

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire