10.12.12

The Descent


En descendant les marches menant au premier niveau sous terre, équipés de casques et de torches frontales, la fraîcheur restée captive dans la caillasse nous apporte un certain soulagement. Il est seulement 11h30 mais déjà la température avoisine les 40 degrés à la surface. 
On ne sait pas trop à quoi s’attendre en descendant dans les profondeurs de la Terre, à 30 petits mètres. 


L'argent contenu dans le galena, minéral le plus répandu au monde, luit sous le faisceau de nos lampes torches. Les roches dans lesquelles a été creusé un tunnel de plus de 2km de long sont âgées de plus de 17 millions d’années. Les géologues savent les écouter mais je suis persuadée qu’elles gardent les histoires les plus croustillantes pour elles. Un jour peut-être, elles se décideront à tout révéler et là, des histoires de mineurs imbibés de brandy (le remède de grand-mère qui permettait d’ouvrir les voies respiratoires, indispensable sous terre lorsqu’elles se trouvaient bouchées par les vapeurs toxiques de minéraux) et d’enfants réduits en esclavage feront surface.

« Pour un bref instant, j’ai songé : et s’il y avait un petit séisme. Puis j’ai sorti cette pensée de ma tête. »

La vallée surplombant la mine se nomme Appollyon Valley, en référence à l’Ange des Ténèbres, de son p'tit nom Ange exterminateur de l'Abîme, dans l'Apocalypse de Saint-Jean.
Henri éteint la chandelle lorsque nous atteignons le 4e niveau. Nos torches également sont éteintes et nous nous retrouvons dans le noir et le silence absolu. Nous perturbons la solennité du moment en rigolant, par gêne et surprise, mais nous sommes bien là, à 30 mètres sous terre, dans le noir le plus total, avec pour seul organisme vivant les minéraux exhalant leur froideur et leurs mystères, aux portes de l’enfer. 



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