11.6.14

Les aliens de Pine Gap

En descendant la toujours déserte et monotone Stuart Hwy depuis Alice Springs, nous faisons un détour et nous dirigeons à droite, le long de cette petite route goudronnée qui se termine en cul-de-sac et nous enjoint maintes fois de faire demi-tour. Cette route nous amène aux portes de Pine Gap, la plus importante base américaine d'Australie, classée sous le seau de Joint defense Space Research facility.

Au beau milieu du désert australien, les Etats-Unis ont installé une de leur bases top-secrètes suite à un accord signé en 1966. (On en compte environ une dizaine – plus peut-être si l'on est sensible aux théories du complot.)
La NSA (National Security Agency, fondée par l'administration Truman en novembre 1954), la CIA et la NRO (National Reconnaissance Office) sont impliquées dans ce projet. Voici comment Bob Hawke, premier ministre australien entre 1983 et 1991, membre du parti travailliste et détenteur d'un record du monde du plus rapide buveur d'ale dans un yard glass (ça lui a pris 11 secondes), a résumé les activités de Pine Gap devant le Parlement en 1988 :
« Pine Gap est une station terrestre pour satellites, dont le rôle est de collecter des renseignements contribuant à la sécurité nationale de l'Australie ainsi que des Etats-Unis. Les données collectées à Pine Gap contribuent de façon inestimable à la vérification du contrôle des armements et des accords de désarmements », particulièrement pour les nations considérées comme une menace par l'Australie et les USA. (War on terror bonjour, mais pas seulement – guerre du Golfe, guerre du Kosovo, contrôle de la Corée du Nord par exemple).

Sur les derniers mètres de la route qui nous mène à Pine Gap, des lampadaires nous dominent de toute leur maigreur et la peinture blanche et fraîche des indications routières constelle le goudron, choses inhabituelles dans ces régions d'Australie dépourvues de toute lumière artificielle une fois la nuit tombée. Aux portes de la base, nous n'apercevons pas grand-chose. Une clôture surmontée par des barbelés et surveillée par des gardes américains et des membres des forces de police fédérale australienne court tout autour de la base. A l'entrée se trouvent un portique et deux cabines, une limitation de vitesse à 10km/h et une petite pensée de la part du gouvernement australien, du même acabit que celles que l'on trouve aux abords des territoires aborigènes : « Défense d'entrer sur cette propriété. » (Trespassers on this land are prohibited.”)

Les photographies prises depuis le ciel n'ont pas plus de chance. Ce qui se passe à Pine Gap reste en sous-sol. Et comme toutes opérations underground et secrètes, celle-ci déchaîne les passions et les suspicions de toutes sortes d'organisations.
Si la manifestation féministe de 1983 devant Pine Gap concernait en majorité les activités nucléaires des Etats-Unis sur le territoire australien, les chasseurs d'OVNI ont fait des activités de la base l'un de leurs sujets de recherche favori.

Il est dit que le territoire de l'Australie centrale et du sud est le lieu d'une intense activité OVNI depuis les années 50. Vaste, dépeuplé, par endroits éloigné de toute civilisation sur des centaines de kilomètres à la ronde, il semble en effet être le lieu parfait pour les apparitions extraterrestres.

Pine Gap opère comme une entité complètement indépendante de son environnement. Elle génère sa propre électricité, n'a jamais employé que des américains et l'accord principal de Pine Gap conclue « que ce n'est pas une obligation pour les Etats-Unis de partager toutes ses informations avec l'Australie » (voir source). Toute son activité se situe en sous-sol, un sous-sol que l'on dit se diviser en douze niveaux et où un réacteur nucléaire a été installé, contrairement aux lois parlementaires australiennes.
A de nombreuses reprises, des apparitions d'objets volants non-identifiés ont été avancées par des personnes lambda ainsi que des membres du gouvernement.

Beaucoup affirment l'existence des liens qu'entretiennent les gouvernements avec des membres extraterrestres, et ce depuis les années 50, de leur rôle dans certaines opérations militaires et scientifiques, des étranges interviews entre témoins et membres du gouvernement qui se concluaient par l'ordre de ne rien dévoiler et des enjeux d'organisations gouvernementales comme la NSA et l'Australian Defence Science and Technology Organisation dans la recherche extraterrestre.

A Pine Gap, des espèces extraterrestres conduiraient leurs activités dans le sous-sol et y vivraient en totale autarcie et indépendance, libres de venir comme bon il leur semble.

La route qui nous a mené tout droit vers Pine Gap ne va nulle part ailleurs. Après deux photos-souvenirs et un demi-tour, nous avons retrouvé notre chère Stuart Hwy, parcourue dans les deux sens entre Port Augusta et l'aire de repos du Tropique du Capricorne durant ces deux semaines, et nous nous sommes dirigés vers le sud, vers Uluru, le plus grand monolithe du monde, qui, au soleil, aime à changer de couleur comme de chemise.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire