31.7.14

I'm driving too far

A la réflexion, je suis bien contente que cette année se soit achevée. 

Tout juste arrivée à Sydney - 4 ,7 millions d'habitants et 18 degrés en hiver - en mai dernier, j'étais tellement contente de pouvoir, après deux ans et demi de vadrouille, me poser sur un canapé et regarder la télé ou acheter des trucs (grand Dieu, de nouvelles fringues ! Je me suis d'ailleurs empressée d'acquérir cette petite merveille de robe noire et blanche, type marin, le genre de truc qui n'a pas sa place dans un sac à dos - enfin tout dépend hein) que, sans peine aucune, je retrouvais mes vieilles habitudes : rester à la maison et acheter des livres. 
C'est cool pendant un petit temps, on peut sauter sur son lit en pyjama et s'empiffrer de cookies devant Modern Family, après, ça devient maladif. Et Sydney n'est pas le genre de ville qui se laisse faire. Du moins pas avec moi.

Puis les problèmes émotionnels et relationnels ont fait tourner la sauce à l'aigre, le boulot alimentaire a fini par aspirer mes neurones et pour fuir le tout, je me suis plongée corps et âme dans la préparation de ce visa de facto qui m'a pris six mois, quelques centaines d'heures et en tout, AU$5 295 et 9 cts. Le dossier faisait plus de 200 pages. (Mon mémoire de fin d'IUT en faisait 65 - j'avais oublié l'interligne 1.5.)

Alors on écrit de moins en moins malgré les quelques ateliers au premier abord motivant puis paralysant (putain, ces types qui sont tellement plus avancés que moi et qui ont mon âge !) et les jours passent. Le muscle se rouille, chaque nouvel article devient plus pénible à écrire, les leçons apprises s'oublient, tout comme la conjugaison. Ce putain de boulot alimentaire nous indique bien à quel point on s'est égaré et on sait pas trop comment tout ça va bien finir par se goupiller. On coche les jours improductifs avant le prochain anniversaire. Alors on continue à regarder la télé en pyjama et on commence à développer une obsession malsaine pour l'âge des gens et celui de leur premier breakthrough

Oui, je sais bien, il suffirait de prendre le taureau par les cornes et de l'envoyer se faire voir. Peut-être aussi faut-il des périodes où l'on se tient comme ça, comme un con qui a ensablé sa bagnole, pour mieux avancer après, je ne sais pas trop. Je commence à être de plus en plus impatiente, il faut dire.

Comme un joli épilogue à cette année de merde, je suis retournée à Coober Pedy et aux Breakaways. Le désert, en plein hiver, était en fleur. Retour à la case départ. J'ai pensé à cette réflexion lue dans le mX, l'équivalent du Métro : "No matter how small or how big, a pile of shit always smells like shit." Je me suis donnée des dates limites et des numéros à cocher.

Fini de déconner à présent.


 Désert d'hiver/Désert technicolor

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